Articles rédigés par: Tugay Ünlü
Étudiant en Master in EU International Relations and Diplomacy Studies au College of Europe et en Master d’Affaires publiques à Sciences Po Paris, et précédemment diplômé d’une double licence de Droit et d’Économie à Panthéon-Sorbonne, Tugay Ünlü s’est formé à l’analyse des politiques européennes et internationales. Il a travaillé dans divers contextes internationaux, notamment aux Émirats arabes unis, en Palestine, en Tunisie et au Togo, et s’intéresse particulièrement aux dynamiques géopolitiques et aux relations entre l’Europe, la Türkiye et son voisinage au Moyen-Orient.
L’année 2025 a été marquée par une reconfiguration des alliances au Moyen-Orient et, plus singulièrement, par une « détente stratégique » inédite entre la République de Türkiye et la République d’Iraq. Longtemps définies par une méfiance réciproque, des conflits et des différends transfrontaliers, les relations entre Ankara et Bagdad ont opéré, au cours de ces douze derniers mois, un basculement vers un modèle de coopération intégrée et multidimensionnelle. Ce modèle ne se traduit pas uniquement par la succession d’accords bilatéraux, mais plutôt par une convergence croissante d’intérêts, catalysée par quatre vecteurs principaux : la pacification de la zone frontalière via le désarmement
Consulter le rapport au format PDF Instrument central du Pacte vert de l’Europe, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à éviter les fuites de carbone. En imposant un coût équivalent au prix du carbone de l’Union européenne (UE) sur les importations de produits produits hors UE et à forte intensité carbone, le CBAM cherche à garantir que les entreprises européennes ne soient pas désavantagées par rapport à des concurrents installés dans des pays dont la réglementation environnementale est moins stricte. Pour la Türkiye, membre de l’union douanière
En cette fin du mois d’août 2025, le président chinois Xi Jinping accueille en grande pompe une vingtaine de dirigeants mondiaux, dont le Russe Vladimir Poutine, l’Indien Narendra Modi, l’Iranien Massoud Pezeshkian et le Turc Recep Tayyip Erdoğan, à Tianjin, dans le nord de la Chine1. Ensemble, ils participent au 25ᵉ sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), un forum eurasiatique centré sur la sécurité et la coopération économique, créé en 2001 sous l’impulsion de Pékin et Moscou1. Cet événement, l’un (si ce n’est le) plus important depuis la fondation de l’OCS, symbolise la volonté de ces pays d’esquisser
Consulter le rapport au format PDF L’union douanière entre la Türkiye et l’Union européenne (UE), mise en place en 1995, supprime les droits de douane sur les biens industriels échangés entre les parties et impose à la Türkiye d’aligner progressivement ses normes réglementaires sur celles de l’UE1. En vigueur depuis 30 ans, cet accord constitue encore aujourd’hui l’ossature des relations économiques turco-européennes, mais il n’englobe ni les produits agricoles, ni les services, ni les marchés publics. Ce partenariat commercial contribue malgré tout à faire de l’UE le premier partenaire commercial de la Türkiye : en 2024, le volume des échanges de
Depuis 2010, la Türkiye et Israël oscillent entre coopération par pragmatisme et tensions politiques. Après plus de dix ans de relations difficiles (assaut israélien contre le navire humanitaire turc Mavi Marmara en 2010, succession de différends sur la Syrie, l’énergie et la Palestine), un réchauffement est intervenu en 2022, par la visite du président israélien Isaac Herzog en Türkiye, dans l’objectif de renouer avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan1. Toutefois, la guerre de Gaza débutée en octobre 2023 a rapidement inversé cette dynamique. Recep Tayyip Erdogan a fermement dénoncé l’offensive israélienne à Gaza, qu’il a qualifié de « génocide »2. Ankara